Les Clés de l’élection présidentielle Conférence TNS Sofres - Le Figaro 

Le Jeudi 8 Mars 2007 Salons Hoche à Paris

Cette conférence, présidée par Denis Delmas, Président de la TNS Sofres, avait pour objectif de présenter la situation politique à 6 semaines de l’élection présidentielle. Elle s’est construite autour d’une analyse présentée par Brice Teinturier, et d’un débat avec la salle animée par Nicolas Beytout, directeur de la Rédaction du Figaro.

1- L’intérêt pour l’élection présidentielle et la mobilisation potentielle 

Ces élections intéressent les français à plus de 76%. Ce chiffre ne cesse d’augmenter depuis le mois de septembre, et est nettement supérieur à celui des élections de 2002. Ce qui confirme cet engouement c’est aussi la proportion des personnes qui ne sont pas intéressés par la campagne : 24% des interrogés se disent pas intéressés par la campagne, chiffre en diminution permanente, corrélé au regain d’intérêt. Au-delà des chiffres globaux, où dans l’ensemble 79% des sondés déclarent être certains d’aller voter, il apparaît ensuite que la tranche d’âge 65 ans et plus, est celle qui est la plus intéressée par la campagne (à 80% des sondés) et la plus certaine d’aller voter (à 81%). Aussi, on pourra noter que la tranche d’âge 18-24 ans et la tranche 50-64 ans, déclarent être plus intéressées et plus certaines d’aller voter que la moyenne incarnée par la tranche des 25-34 ans. La tranche d’âge la moins intéressée et la moins certaine d’aller voter reste la tranche 35-49 ans. L’intérêt et la mobilisation sont aussi examinés par CSP : il apparaît nettement que les cadres supérieurs sont les plus intéressés et les plus certains d’aller voter, suivis de près par les professions intermédiaires. Ces deux catégories obtiennent des pourcentages plus forts que la moyenne. Les CSP en reste de l’intérêt et de la certitude d’aller voter sont sans conteste les CSP d’employés et d’ouvriers.  

2- Les évolutions des intentions de vote (cumul de plusieurs vagues d’enquête) 

Les sondés sur leurs intentions de vote distinguent deux candidats, Nicolas Sarkozy en tête et Ségolène Royal en second. Les évolutions dessinent le chevauchement des deux candidats de tête et la progression de François Bayrou. Jean Marie Le Pen reste stable tandis que les plus petits partis peinent à dépasser les 5% d’intention de vote. 

3- S. Royal, N. Sarkozy, F. Bayrou : soutiens et faiblesses 

Les intentions de vote sont ici examinées en fonction de l’âge, et des trois candidats en lice : l’enquête veut prouver que l’âge et le vieillissement de la population seraient la clé de l’élection. C’est ainsi qu’on remarque que les intentions de vote les plus affirmées se situent dans la tranche d’âge 50-64 ans, et la tranche d’âge 65ans et plus. Ces catégories ont plus volontiers l’intention de voter Nicolas Sarkozy (31% pour la première, et 42% pour la seconde). Nicolas Sarkozy semble recueillir pour toutes les tranches d’âge le plus d’intention de vote, excepté pour la tranche 35-49 ans où Ségolène Royal creuse l’écart. François Bayrou, bien qu’en dessous des deux candidats de tête, marque ses points sur la tranche 25-34 ans. L’exposé se poursuit alors sur le poids des seniors. Quel serait leur poids dans l’élection ? Sur la base d’un tableau statistique de l’INSEE, la part de la population âgée de 65 ans et + est supérieure à la part des 18-24 ans. Le poids des seniors serait donc une des clés de l’élection présidentielle. Au niveau des CSP, Nicolas Sarkozy remporterait plus d’intention de vote auprès des commerçants, des cadres supérieurs et des retraités. Ségolène Royal quant à elle, obtiendrait plus de soutien auprès des professions intermédiaires et des ouvriers. François Bayrou semble séduire plus de cadres et de professions intermédiaires que d’autres CSP. Les thématiques de la campagne sont nombreuses, et divisent les candidats quant à leur motivation de vote. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy aurait l’avantage sur les thématiques de l’insécurité, de l’immigration (devant Jean Marie Le Pen), le pouvoir d’achat et la fiscalité. Ségolène Royal aurait le bénéfice des thématiques de la lutte contre la pauvreté, l’école et l’enseignement, l’environnement, l’avenir des services publics, et l’intégration des minorités. François Bayrou ne se démarque pas dans cette configuration très segmentée, et n’impose pas vraiment de marqueurs thématiques. 

4- Le cas Bayrou 

Les motivations du vote auprès des électeurs de François Bayrou resteraient celles d’un dépassement d’opposition gauche/droite. Le programme, les propositions et la personnalité viennent ensuite. Les motivations qui indiquent l’opposition à Nicolas Sarkozy  et/ou Ségolène Royal dénotent la critique sur le fonctionnement actuel de la démocratie et des médias. Vient ensuite, à 21% des sondés électeurs de François Bayrou, l’item « parce qu’il ferai un bon Président de la République ».            

Le Brice Teinturier poursuit son analyse, en indiquant notamment que la progression de ce candidat est très marquée chez les 25-34 ans et 50-64 ans, chez les commerçants et professions assimilées, chez les cadres supérieurs et les professions intellectuelles, les professions intermédiaires, les employés. La part des électeurs sûrs de leur choix est assez forte pour l’électorat et Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, mais reste fragile pour François Bayrou, dont l’électorat est encore en construction. 

5- Sarkozy et le FN 

¼ de l’électorat de Jean Marie Le Pen déclare qu’il pourrait voter Nicolas Sarkozy, surtout dans l’hypothèse où Jean Marie Le Pen n’accède pas au premier ou au deuxième tour de l’élection. Cette proportion pèsent 20 à 22% de l’électorat de Nicolas Sarkozy, et reste tout de même une inconnue du scrutin, augmentant le potentiel de fuite de 2 à 5 points. 

Conclusion de la séance par Brice Teinturier 

A ce stade de la compagne, rien n’est joué d’avance, et la perspective d’un second tour Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal reste la plus probable, mais il faut considérer que le premier tour est très ouvert. »