La e-campagne dans la presse
Documents à télécharger, Territoires etc... 4 octobre 2007Territoires Publics poursuit la mise en ligne des interventions des participants au dernier colloque du CECCOPOP (Université de Paris 12) qui portait sur la “Communication politique” lors de la dernière campagne présidentielle.
Les traces de la e-campagne dans les médias traditionnels
(Internet sert surtout à faire la guerre !)
Arnaud MERCIER
Université de Metz
Internet se positionne aujourd’hui à la fois comme le 4ème média et un outil de recherche d’informations aussi bien pour les internautes que pour les médias eux-mêmes. Par ailleurs, les français ont accès à Internet à travers les médias de masse – cette hypothèse est pertinente pour un moment encore, l’ensemble des citoyens ne pouvant contrôler cet espace toujours plus vaste. Enfin, la pratique des recherches d’informations par le biais de l’outil Internet a deux caractéristiques générales :
- elles s’effectuent aux heures de bureau !
- elles nécessitent une information d’appoint complémentaire.
L’universitaire entend analyser les apports d’Internet au débat politique tel que les médias traditionnels les transcrivent.
Quelques pistes de réflexion :
- Les articles traitant des stratégies Internet
La presse quotidienne analyse les sites politiques de la « blogosphère » à travers la mise en place de tout un certain nombre d’instruments de quantification. Le journal Le Monde propose ainsi « le vidéo mètre ou l’audimat politique sur Internet », bref, il quantifie le Buzz ! Depuis 2005, Internet joue un rôle beaucoup plus important et les candidats se le sont appropriés (voir Intervention de N. Bousquet sur le Blog politique). Ce constat journalistique transparaît ainsi lorsque Libération publie un Guide de la « net-politique » – Le Figaro puis Le Monde emboîteront également le pas ! Rubriquage, identification, enquêtes fleurissent dans les quotidiens nationaux. En février 2007, Le Monde 2 titre « Les candidats battent la net-campagne », article à la fois critique et interrogatif sur cette problématique et où il apparaît notamment que les candidats se sont dotés d’un site Internet par peur de la ringardisation d’une non intervention sur la Toile …
- L’autopromotion
Tous les journaux, toutes les radios ont développé leur outil Internet sur la Toile. Il y a une logique de complémentarité qui est déclinée à travers cette démarche, les articles et interventions de ces médias renvoyant aux Blogs et vice et versa, en jouant notamment sur le caractère inédit des contenus diffusés. L’hebdomadaire Marianne va jusqu’à faire sa propre publicité sur le support papier, d’autres n’hésitant pas à se livrer à l’autocongratulation et à vanter la progression de la fréquentation de leurs sites. Il y a donc, une sorte de pré-campagne qui s’est tenue sur Internet, 4 millions d’internautes ayant visité sur le sujet les sites de la presse nationale entre janvier et mars 2007.
- L’anecdotique surprenant
A côté de l’implantation des sites des principaux médias, dont le succès est sans doute à relativiser, il y a des effet Buzz spectaculaires : penser au succès du site d’Alexandre Jardin qui fait l’objet d’articles de fond dans la presse nationale : à deux reprises dans Le Monde, une fois dans Le Figaro, ou encore de Second Life qui fait l’objet d’un long reportage de 4 pages dans Libération. Ces articles sont alors souvent l’occasion de véritables questionnement, souvent faussement déontologiques, comme sur la nécessité pour un quotidien national de couvrir de pseudo manifestations virtuelles sur ces sites – et en l’occurrence sur Second Life.
- La dimension prise par les « boules puantes »
Voir le dessin Persévérance de Serguei dans Le Monde (daté du 22 mars).
- Il pose la question de la circulation de l’information et notamment de la diffusion de la rumeur (Info ou Intox). Il faudrait pour mémoire citer la « Sapinière » du couple Royale et Hollande, ou encore les rumeurs de violences conjugales prêtées au candidat de l’UMP.
- Déjà, certains avaient eu recours à de tels procédés lors de la campagne à l’investiture socialiste pour la présidentielle (les trois versions de la vidéo sur le travail des profs vu par Ségolène ROYAL).
- Quelques usages politiques, tout de même ! …
Internet peut aussi offrir un cadre citoyen permettant aux minorités – ou du moins à des majorités silencieuses de trouver un cadre d’expression. Trois exemples :
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- l’idée d’un débat à quatre souhaitant passer outre les règles du CSA qui n’a pas abouti mais a préparé la réussite de la tenue d’un débat inédit entre ROYAL et BAYROU du deuxième tour. |
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- La sanction des urnes avant l’heure officielle du dépouillement pour tous et non plus réservé à une élite politico-journalistique (résultats sur Internet) |
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- Le chiffrage des promesses comme d’autres thèmes ont trouvé sur la Toile des occasions de débats sérieux qui ont obligé les candidats et les Etats-majors de campagne à rectifier le tir et leurs propos. |
Pour conclure, Internet se positionne comme le média révélant la partie de l’information filtrée les médias traditionnels. En réalité, pour plagier une formule qui a fait florès, Internet représente davantage le côté obscur des médias en diffusant ce qui peut créer le scandale. Il ne faudrait pas pour autant diaboliser Internet et rappeler que le plus souvent ce sont les médias traditionnels qui les reprennent ou les suggèrent… L’entrée d’Internet dans la sphère médiatique doit au contraire relancer le débat sur les pratiques médiatiques de notre société. Quelques interrogations peuvent ainsi être formulées :
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Que doit-on faire d’Internet ? |


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