Audiovisuel et Communication politique
Documents à télécharger, Territoires etc... 1 octobre 2007Territoires Publics poursuit la mise en ligne des interventions des participants au dernier colloque du CECCOPOP (Université de Paris 12) qui portait sur la “Communication politique” lors de la dernière campagne présidentielle.
La communication audiovisuelle dans la campagne présidentielle
Philippe J. MAAREK
Université Paris 12
CECCOPOP
L’étude de la communication audiovisuelle institutionnelle de la campagne 2007 ne semble pas se départir des précédentes. Elle est limitée dans la présente intervention aux spots télé et au débat du deuxième tour.
1- Les spots télés
Depuis 2004, le CSA a donné toute liberté budgétaire aux partis pour confectionner leurs spots de campagne. Il existe en revanche une pré censure sur les symboles nationaux que les candidats ne doivent pas instrumentaliser dans leurs messages. L’analyse des spots du premier tour laissait apparaître deux groupes de candidats :
- les trois candidats favoris des sondages
Pour Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, il existe une unité de discours et de forme. Les trois candidats ont une démarche plus mécanique : une logique pédagogique sous-tend la construction de leurs spots autour du leit motiv de la victoire finale.
- Les autres candidats
Chacun a élaboré un spot différent dont la finalité est d’exprimer son identité – il s’agit de spots témoignages. Pour chacun d’eux la logique n’a pas varié depuis 2002 :
Comme son prédécesseur à la candidature de Chasse Pêche & Tradition, Frédéric NIHOUS a choisi la sobriété (sur un fond noir) SCHIVARDI menace « on ne me fera pas taire » suivi de 4 minutes de silence…
Dominique VOYNET propose un message punitif et apocalyptique qui annonce le propre sort de la candidate !
José BOVE propose avec Karl ZERO un concept trop décalé qui est un échec.
Quelques exceptions cependant :
Olivier BESANCENOT poursuit sa bonne campagne (mise en contexte avec une intervention devant une usine vide)
Jean-Marie Le PEN dont le positionnement est un peu daté n’e demeure pas moins placide et efficace – style 30 millions d’amis…
Il apparaît surtout que l’efficacité des messages est proportionnellement liée à la volonté et à l’assurance des candidats à l’emporter ! Ceci est très net dès les spots du premier tour :
- BAYROU se met en scène – comme toujours – en gros plan, une inscription médiatique et symbolique inscrite sur le long terme.
- Pour un candidat de l’UMP Nicolas SARKOZY se montre plus innovant ! Christian BLACHAS, pape médiatique lui fait répéter son programme. Pédagogie du discours programmatique dont la répétition permet de dégager un message clair, net et précis. Il y a peu d’images de campagne car ici seul compte avant tout le discours.
- Ségolène ROYAL a misé sur l’inertie : un diaporama accéléré d’après 26 images axées sur la candidate en campagne, tantôt aux côtés d’un enfant blanc ou de citoyens noirs. Son spot est moins programmatique.
Au deuxième tour, les spots s’allongent et s’accompagnent de spots courts. Il est intéressant de distinguer :
Nicolas SARKOZY se présente comme content de lui et programmatique (martèlement et incitation au vote).
L’appel à des experts pour témoigner de ses qualités démontre que l’entourage de Ségolène ROYAL n’a pas confiance en elle… Surtout lorsque parmi les intervenants figurent 2 médecins ! Lorsqu’elle intervient au terme du spot c’est dans des extraits de prise de parole en public qui se conjugue sur le registre de l’émotion.
2- Le débat du deuxième tour
Sur le fond et sur la forme, Nicolas SARKOZY reprend la posture de ses spots télé : en privilégiant le discours programmatique, alors que Ségolène ROYAL conjugue affecte et socialisme.
Le deuxième enseignement, c’est que Nicolas SARKOZY a su détourner le débat de la colère en sa faveur.


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